Vous êtes ici : Accueil > les araignées > araignées - les fiches par espèce > l’Epeire diadème et l’Epeire pâle - Araneus diadematus et Araneus (...)
Publié : 13 octobre 2015

l’Epeire diadème et l’Epeire pâle - Araneus diadematus et Araneus pallidus

L’Épeire diadème (Araneus diadematus) est une araignée très commune, souvent choisie comme stéréotype des araignées à toile de chasse géométrique orbiculaire (ce groupe d’araignées est désigné par le terme d’Orbitèles). Elle fait partie du genre-type de la famille des Aranéidés (Araneidae). -photo de Françoise Drouard prise à Mallefougasse (04) le 18-09-2012-

La femelle adulte se reconnait facilement aux caractères suivants (voir fiche 005) :

  • souvent au centre de la toile, la tête en bas, les pattes écartées (PI et PII ensemble, mais souvent PIII - plus petites - et P IV séparées, contrairement à l’Argiope fasciée ou Épeire frelon qui forme généralement un X parfait) ;
  • un abdomen relativement triangulaire, plus large et arrondi à l’avant, chaque angle huméral étant plus ou moins marqué mais sans tubercule net ce qui différencie cette espèce d’autres espèces voisines comme Araneus pallidus et Araneus angulatus ;
  • un abdomen à fond coloré de beige à brun (parfois rouge), avec un folium triangulaire à bords crantés plus foncé, parsemé de points et traits blancs variables mais formant toujours une croix à l’avant ;
  • de nombreuses épines aux pattes ;
  • des pattes claires nettement annelées : les anneaux assez larges sont en situation apicale sur chaque segment mais sur les tibias il y a un anneau médian, plus ou moins marqué.

La face ventrale est caractérisée, entre le pli épigastrique et les filières, par une bande médiane foncée encadrée par deux traits clairs terminés devant les filières par un épaississement (comme un club de golf). Chez la femelle, l’épigyne a un scape fin, long et recourbé sur une bonne photo de la face ventrale, on le voit très bien).
Inquiétée, l’Épeire diadème peut se réfugier sur la végétation environnante ; on la trouve alors recroquevillée, les pattes cachant le céphalothorax. Elle n’a pas de cachette en dôme de soie comme en a l’Épeire à quatre points. -photo de Françoise Drouard prise à Mallefougasse (04) le 17-10-2014-
Les toiles de chasse sont installées dans beaucoup d’endroits, sauf en milieu vraiment forestier. Les environnements humains ne sont pas dédaignés (cette araignée est nommée « garden spider » par les Anglais). On peut voir ces toiles dans l’herbe, dans les buissons, comme à plusieurs mètres de hauteur entre deux arbres d’une allée ou sous le toit de la maison. Du fait de leur position, ce sont surtout des insectes ailés qui sont capturés. Les proies retenues par la toile sont mordues et emballées dans de la soie ; elles sont dégustées aussitôt ou mises en réserve. Les Araneidés ont des chélicères dentées et mâchouillent la proie pour mieux l’imprégner de sucs salivaires et la digérer (digestion externe comme chez toutes les Araignées) ; les restes forment une masse noire non identifiable. Les insectes de trop petite taille, comme les moucherons, les pucerons… ainsi que les grains de pollen apportés par le vent ou par les butineurs sont généralement consommés au moment où l’araignée refait sa toile (souvent chaque nuit, par beau temps) et mange le vieux fil.
Les épeires sont adultes à la fin de l’été et en automne.Le mâle quitte sa toile et part à la recherche d’une femelle (c’est à ce moment-là qu’on trouve ces araignées, normalement à toile, errantes comme celles qui n’ont pas de toile). Il est plus petit que la femelle, avec un abdomen plus fin (celui de la femelle est plein d’ovules en attente) et des pattes relativement longues, avec des pédipalpes renflés en « gants de boxe ».
Le rapprochement des deux sexes a lieu sur la toile de la femelle trouvée par le mâle grâce au parfum des phéromones. Le mâle est assez souvent dévoré par la femelle pendant ou après la copulation. Ce « cannibalisme sexuel » est interprété en termes d’avantage évolutif comme un apport de protéines favorisant la production des œufs.
La ponte a lieu en automne. Les cocons de soie floconneuse ne sont pas visibles car cachés dans la litière, sous les écorces… contrairement aux magnifiques urnes de l’Argiope fasciée (ou Épeire frelon). Les juvéniles sortent en mai ; ils restent ensemble quelques jours et sont reconnaissables à leur couleur jaune ; ensuite ils se dispersent par ballooning et chacun construit sa première toile.

L’Épeire diadème (Araneus diadematus Clerk, 1758) a des variétés reconnues :

  • Araneus diadematus nemorosus Simon, 1929 – en forêt, dans des zones humides : elle a une couleur de fond rouge cannelle et des pattes aux épines plus fines et moins nombreuses, les tarses antérieurs étant mutiques, c’est-à-dire sans épine.
  • Araneus diadematus soror (Simon, 1864) – uniquement en Corse.
  • Araneus diadematus stellatus (C. L. Koch, 1836) – uniquement en montagne, au-dessus de 1500 m (étages alpin et nival), dans les rochers : elle est plus noire, avec une pubescence blanche abondante et une bande ventrale entièrement noire. -photo de Claudie Desjacquot à La Bérarde (38) le 2-08-2008-

L’Épeire pâle (Araneus pallidus Olivier, 1789) ressemble à l’Épeire diadème (espèce jumelle) avec les différences suivantes :

  • tibias sans anneau médian ;
  • angles huméraux nettement tuberculés ;
  • scape de l’épigyne large, court et droit (ce dernier critère étant le seul réellement déterminant). L’Épeire pâle n’existe que dans le Sud-Est alors que l’Épeire diadème peut se rencontrer dans toute la France

Documents joints