Publié : 24 mars 2014

le Petit paon de nuit

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Le Petit paon de nuit (Saturnia pavonia) fait partie de ce qu’on appelait autre fois les papillons de nuit ou Hétérocères, en référence à leurs antennes : en effet, la femelle a des antennes filiformes et le mâle des antennes pectinées. Mais le mâle est actif de jour, la femelle étant nocturne. Mâles et femlles ne vivent que peu de temps, uniquement pour se reproduire.
C’est un magnifique papillon, de grande taille (la femelle peut atteindre 8 cm d’envergure), avec des ocelles impressionnants : pavonia évoque le paon et les ocelles des plumes de la queue de cet oiseau ; Saturnia fait référence aussi aux ocelles à travers l’évocation de la planète Saturne avec ses anneaux. Les Paons , que les anglais appellent "Emperor Moths", ont été regroupés dans le taxon des Saturniidae. Ce sont tous de magnifiques et grands papillons : l’Isabelle, la Hachette et les trois Paons (S. pavonia, pyri et pavionella).

J’ai élevé une chenille trouvée le 23 mai 2013. Je lui ai donné à manger des rameaux d’aubépine.
Dès que la chenille au dernier stade (très reconnaissable) a commencé à s’agiter au lieu de manger, je l’ai transfèrée dans le bocal avec un peu de terre sèche. Elle a fabriqué son cocon brun au ras du sol le 15 juin. J’ai posé le récipient ouvert sur le rebord extérieur d’une fenêtre tournée vers l’est et il est resté là jusqu’au printemps suivant.
L’émergence a eu lieu le 18 mars 2014. C’est une femelle qui est sortie du cocon et qui est restée accrochée à un petit morceau sec d’aubépine. Le 19, dès que le soleil a touché le pot en verre où elle se trouvait, elle s’est agitée et à chercher à monter le long du bocal : je lui ai proposé des rameaux frais d’aubépine ; elle est montée, et s’est arrêtée dès qu’elle s’est trouvée au-dessus du rebord du pot.
Dans la nature, après la sortie du cocon où la nymphe a passé l’hiver, la femelle monte dans l’herbe où elle reste cachée ; elle émet des phéromones qui attirent les mâles présents sur plusieurs kilomètres à la ronde (quel odorat !).

Vers 16 h, un mâle se présente et vole de manière désordonnée dans la zone, se posant finalement près de la femelle mais sans s’accoupler. La femelle ne bouge pas de toute la nuit. Le 20, en milieu d’après-midi également, trois mâles s’agitent dans les alentours et finalement l’un d’eux s’accouple pendant plus d’une heure avec la femelle. Il s’en va, la femelle ne bouge toujours pas mais, le lendemain matin, elle n’était plus là !

D’après la littérature, elle pond ses œufs (une centaine) en manchons autour des rameaux au sommet d’un prunellier ou d’un autre arbuste choisi. En avril, les œufs éclosent et les petites chenilles mangent sans discontinuer. Après trois mois d’alimentation et plusieurs mues, la chenille se trouve au dernier stade.
binettes Pour voir tout le cycle réalisé en élevage, aller sur le blog du groupe nature de Faverges (74).
binettes Pour lire ce que Fabre raconte dans ses souvenirs entomologiques du Grand paon et du Petit paon, aller voir sur le site (attention, les noms latins ont changé).

On trouve le papillon dans toute la France et la majeure partie de l’Europe, de mars à juin, aux étages collinéen, montagnard et subalpin, plutôt dans des zones ouvertes accueillant des arbustes et buissons appréciés par les chenilles (aubépine, prunellier, bruyère, callune, prunier, ronce…).

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